Daniel Erdmann saxophone ténor, Cherif Soumano kora, Francis Le Bras piano & fender rhodes, Johannes Fink, contrebasse, John Betsch batterie & Alain Julien vidéo
Patchwork Dreamer, véritable ciné-concert, a été enregistré en décembre 2010 au Centre National de Création Musicale Césaré, à Reims. L'album, un CD/DVD paraît le 10 octobre 2011, distribué par MVS-Anticraft.
Le saxophoniste allemand Daniel Erdmann, installé à Reims depuis plusieurs années, est un des musiciens européens les plus passionnants par sa technique, le son qu’il développe et la richesse de ses compositions. Il réunit autour de lui des artistes d’horizons différents dans ce projet mêlant musique et images, inspirées par le voyage en Guinée du photographe-vidéaste Alain Julien et du pianiste Francis Le Bras.
Après deux volets de création en France en 2009 (pour les Flâneries Musicales de Reims et Reims Scènes d’Europe), Patchwork Dreamer a été joué au Mali lors du festival Jazzy Koum Ben de Bamako en mai 2010, occasion d’une rencontre avec le jeune virtuose de la kora Cherif Soumano.
Un pianiste et un photographe français, un saxophoniste et un contrebassiste allemand, un batteur américain et un joueur de kora malien. Pour cette véritable famille recomposée, le langage commun est la musique. Les compositions inspirées par images rapportées de Guinée et du Mali (matière d’un film projeté lors du concert), créent un pont entre jazz et musique d’Afrique de l’Ouest.
Daniel Erdmann, porteur du projet, fait le lien entre tous par différentes collaborations : avec Francis Le Bras en duo et en trio, avec John Betsch dans le sextet de Jobic Le Masson et avec Johannes Fink dans les groupes Erdmann 3000, Günter Adler, Dok Wallach, Aki Takase Sextet, Mircea Tiberian Quintet et Eric Schaefer Demontage (des centaines de concerts et une dizaine de disques ensemble).
"A l'origine de ce projet, les images du vidéaste Alain Julien des scènes de la vie quotidienne glanées entre 2009 et 2010 en Guinée et au Mali, longs plans fixes contemplatifs et travelings oniriques, le portrait intimiste et poétique de l'Afrique d'aujourd'hui, des rives du Niger à Bamako.
Invité à s'en inspire ans le cadre d'un ciné-concert, le saxophoniste Daniel Erdmann s'est entouré pour l'occasion d'une formation composite aussi brillante qu'étonnante de cohésion. Intégrant à son univers des musiciens comme John Betsch, dépositaire de cette approche mélodique des tambours qui, via Max Roach et Ed Blackwell, remonte directement à l'Afrique des origines, ou encore Chérif Soumano, jeune Malien virtuose de la kora, déjà remarqué auprès de Dee Dee Bridgewater sur son disque "A Malian Journey", Erdmann parvient avec un grand talent d'écriture à éviter la superficialité d'un simple collage entre jazz et musique africaine, pour s'engager dans un vrai travail d'écriture, cherchant d'authentiques "terrains d'entente" entre les idiomes.
Tout en demeurant dans des tonalités sépia, volontiers mélancoliques, Erdmann multiplie les combinaisons orchestrales et les angles d'attaque, faisant dialoguer sur des ambiances modales doucement envoûtantes les volutes cristallines de la kora avec la raucité mate de son saxophone. Cependant, il délaisse parfois toute référence directe à l'Afrique pour décliner des formes spécifiques à la tradition afro-américaine (le gospel, le blues) dans des interprétations évoquant tour à tour les grandes figures de Monk et Coltrane. Constamment lyrique et respectueuse de son sujet, cette musique que l'on peut à loisir écouter avec ou sans les images qui l'ont inspirée, s'impose d'ors et déjà comme une œuvre de référence dans le champ désormais fort documenté des hybridations entre jazz et traditions africaines."
Stéphane Ollivier
L'Hebdo du vendredi, 19 octobre 2011
"Des amis rémois partent en voyage en Afrique de l'Ouest. En Guinée, en 2009, à Conakry et sur les pistes menant à Benti et autour de Labé. Puis en 2010 au Mali, les rives du Niger, Bamako. Un des amis joue de la caméra. Rentrés en Europe, ils montrent ces images à un autre ami, saxophoniste allemand. Il compose alors le répertoire d'un ciné-concert donné d'abord à Reims, à deux reprises. Pour ces représentations, on a appelé d'autres amis pour partager, jouer. Chérif Soumano, joueur de kora du Mali, star dans son pays, Joahnnes Fink, contrebassiste allemand et John Betsch, batteur américain, ont rejoint Daniel, Chérif, Francis Le Bras et Alain Julien. Après Reims, ils sont invités à jouer à Bamako. Le ciné-concert, ce sont les musiciens sur scène, accompagnés par les images « filmées au hasard des rencontres et de la lumière ».
Il y a un peu moins d'un an, retrouvailles à Reims pour l'enregistrement, sous la neige. L'album est publié ce mois-ci. Un CD avec la musique. Un DVD avec le film et la musique dessous. L'objet reçoit des coups de coeur chez un disquaire bien connu. Comme ce sont des amis, on devrait, par pudeur, ne pas donner le nôtre. Bah tant pis, coup de coeur aussi...
Patchwork Dreamer (CD/DVD sorti le 10 octobre), avec Daniel Erdmann (saxophones), Chérif Soumano (Kora), Francis Le Bras (piano), Johannes FInk (contrebasse), John Betsch (batterie) et Alain Julien (vidéo), est produit par Vents d'Est et distribué par MVS-Anticraft."
Tony Verbicaro
Culture Jazz, octobre 2011
"Cette œuvre collective (incluant le vidéaste Alain Julien) et un peu un carnet de voyage à travers la réalité de l'Afrique de Conakry à Bamako. Simples et belles images du quotidien africain (le DVD) intimement liées à la musique d'un quintet enchanteur qui a su inventer une musique fluide et simplement belle. On ne manquera pas de regarder la séquence vidéo du duo entre Daniel Erdmann (saxophone ténor) et Chérif Soumano (kora) : un bel exemple de communication improvisée. C'est toute la force de cette musique."
Thierry Giard
L'Est Éclair, 29 septembre 2011
"Saint-André-les-Vergers- Après la présentation détaillée du programme, Olivier Bedel, responsable de l'Espace Gérard-Philipe et Arnaud Montenon, maire adjoint chargé de la culture, conviaient récemment Patchwork Dreamer, le projet commun des musiciens Francis Le Bras et Daniel Erdmann, et du photographe-vidéaste Alain Julien. Né d'un voyage en Guinée en février 2009, Patchwork Dreamer permet au spectateur de se plonger au cœur de la vie africaine avec des images de la vie quotidienne (préparer le repas, aller chercher l'eau, se déplacer, l'école...) projetées sur grand écran derrière les musiciens. Des images pleines de poésie emmenant le spectateur au cœur d'une civilisation. Les musiciens sont loin d'accompagner seulement les vues. Ils donnent à entendre au public tout leur univers.
Daniel Erdmann au saxophone ténor, Francis Le Bras au piano et au Fender Rhodes, Johannes Fink à la contrebasse et John Betsch à la batterie ont invité exceptionnellement Cherif Soumano à la kora. Ce jeune virtuose malien aime les rencontres artistiques qui permettent la confrontation de sa musique à d'autres univers. Ce concert tout en finesse met de la chaleur dans les cœurs et de l'émotion dans le regard. D'excellents musiciens-compositeurs qui n'ont pas besoin d'en faire trop pour que le courant passe. Un disque CD et DVD éponyme du projet, enregistré en 2010 est d'ores et déjà disponible. À ne pas manquer !"
Laurence Bébének
L’Union, 27 juin 2009
"Comment dialoguer avec l’autre ? En l’imitant ou en allant simplement vers lui ? Une création donnée vendredi soir au Manège permet de répondre à ces questions à propos de nos relations avec l’Afrique. La preuve, sans doute, que la musique reste d’abord un langage. C’est vrai, il y a toutes sortes de jazz, des sons taillés pour habiller les époques d’une vie. Certains sont inspirés par hier, d’autres par aujourd’hui et demain. La création Patchwork Dreamer, livrée devant trois cents personnes, s’inscrit dans ce courant résolument contemporain. les compositions du saxophoniste allemand Daniel Erdmann visent l’épure avec quelquefois les tentations du free, mais sans jamais s’aventurer dans l’impasse du monologue. Les notes de son saxophone ténor semblent tendues à l’extrême. C’est un peu la signature de ce quartet, la recherche d’une certaine sobriété. Les trois autres musiciens s’inscrivent pleinement dans ce registre. Francis Le Bras, au piano, s’exprime sur scène comme dans la vie, avec un certain sens de l’économie et de la justesse. Le batteur américain John Betsch est lui aussi éloigné de l’esbroufe. Il assure d’un geste sec, tout comme le contrebassiste Johannes Fink.
Un film ancré dans le quotidien.
Soudain, des images défilent sur un écran. Signées du vidéaste et photographe Alain Julien, elles témoignent d’un voyage en Guinée en février et restent très loin de la carte postale envoyée par un touriste allongé sur une plage d’un club de vacances. C’est le quotidien de la population qui est raconté dans ce film sans parole. Une longue pirogue glisse sur l’eau. Des habitants sont regroupés sur une plage sableuse. La vie en mouvement. Papa Diabaté entre en scène, majestueux, vêtu de blanc. Sa voix s’élève. Elle est souple, va vers les aigus, poursuivie par les notes de sa kora. (...) L’Europe et l’Afrique s’écoutent et se répondent (...)."