John Schröder est un musicien incroyable. Pour lui une double vie
n'est pas suffisante, il lui en faut trois. Il est guitariste (joue
également de la basse), batteur et sur le présent CD avec
son quartet, il se concentre exclusivement sur le piano, son premier
instrument. John Schröder est un virtuose qui joue toujours avec
une égale maîtrise et finesse, que l'on attend
généralement de musiciens qui se spécialisent en
un seul instrument. Il n'est pas étonnant que la liste de ceux ayant croisé sa route soit si impressionnante : Chet
Baker, Randy Brecker, Joe Lovano, Enrico Rava, Roberto di Gioia and
Peter Weniger, il a succèdé au batteur Jim Black dans le trio culte
outre-Rhin "Der Rote Bereich" du guitariste Frank Möbus et est
actuellement membre du quartet Erdmann 3000 du saxophoniste Daniel
Erdmann.
Schröder, né en 1964 à Francfort, était connue dans sa région natale comme un prodige musical. Il vit actuellement à Berlin et a rassemblé à ses côté un groupe exceptionnel de compagnons d'armes. On trouve le saxophoniste alto Christian Weidner, qui s'est formé par la fréquentation des oeuvres de Albert Mangelsdorff et de Gunter Hampel, le contrebassiste Oliver Potratz qui s'est fait connaître aux côtés du pianiste Carsten Daerr et du guitariste Kalle Kalima, et bien sûr le batteur Oliver Steidle, successeur de John Schröder dans Der Rote Bereich et partenaire de tant de musiciens comme Aki Takase et Alexander von Schlippenbach, également membre du Kalle kalima trio. Ils font tous partie de cette scène berlinoise incroyablement dynamique et jouent une musique riche et profondément sensuelle.
D'une certaine façon, il importe peu de savoir de quel
instrument joue John Schröder. Pour lui - et cela apparaît
comme une évidence avec son dernier album en quartet - la
virtuosité reste toujours un moyen au service de la musique. C'est un message sincère qui se
révèle dans “Sir Lemuel’s Dance” son dernier album à paraître chez Pirouet Records en octobre 2008 (distribution : Abeille Musique).